1)Pouvez-vous nous présenter votre parcours en commençant du tout début à Canaan Land.

 

Patricia Zoundi Yao, je me définis comme une « serial entrepreneuse ». J’ai créé Quickcash avec 2 associés en 2010 et aujourd’hui je travaille depuis 3 ans sur le projet Canaan Land dont je suis la fondatrice et CEO. Initialement diplômée de la faculté de Droit et des Sciences Politiques de Ouagadougou, j’ai multiplié les formations autour de l’entrepreneuriat et l’innovation notamment à Stanford Seed. J’ai cœur à entreprendre pour aider les personnes qui m’entourent, en particulier la femme que je souhaite voir s’élever dans le monde.

2)Comment passez-vous du Droit à l’Agriculture ?

 

Née d’une famille d’agriculteurs en Côte d’Ivoire, j’ai toujours eu vocation à protéger la terre et appréhender les difficultés du quotidien des agricultrices. Un jour, en route pour Yamoussoukro, je rencontre des agricultrices sur le bord de la route qui me demandent de les aider à vendre leur production. J’ai alors compris que de nombreuses productrices avaient besoin d’un intermédiaire qui puisse leur fournir un accès à un marché stable. Ce jour-là, je décide de créer Canaan Land. Ma passion sur le plan personnel est aussi l’agriculture :

“je peux passer des heures à lire des livres sur les fruits et légumes sans me lasser. J’ai la chance d’avoir réussi à concilier passion et travail.”

 

3)Qu’apporte Canaan Land à L’agricultrice du monde rural ?

En fournissant d’une part des intrants, des semences et des formations nécessaires à la production selon les principes de l’agriculture raisonnée et d’autre part un salaire stable grâce au rachat de la production et à sa commercialisation sur les marchés B2B et B2C, Canaan Land propose un modèle innovant durable et inclusive pour l’agricultrice du monde rural.

 

4)Vous avez des produits particuliers qui sortent du sol Canaan Land comme votre gombo et vos tomates noires. Comment y arrivez-vous ? Pourquoi ce particularisme ?

 

Ces produits particuliers poussent, car nous en achetons les semences et nos ingénieurs agronomes mettent en œuvre leur bon développement. Peu présent en Afrique, nous travaillons sur ce type de produit pour différencier notre offre.

5)Sur une échelle de 1 à 10 à quel niveau pensez-vous être situés dans la réalisation des objectifs de Canaan Land et pourquoi ?

 

Une activité entrepreneuriale de l’envergure de Canaan Land est difficilement évaluable, la réalisation d’un objectif en créer des nouveaux. À l’heure actuelle, les sites de Toumodi et de Dougba sont déjà en activité et ont déjà apporté plus de 12 tonnes de légumes sur les marchés d’Abidjan grâce aux 50 femmes qui bénéficient déjà du modèle Canaan Land. En collaboration étroite avec le programme 2PAI-Bélier financé par la BAD, nous prévoyons un développement rapide des sites Canaan Land sur le territoire de la Côte d’Ivoire puis à plus long terme, dans les pays voisins d’Afrique de l’Ouest.

 

6)Récemment vous avez été désignée eTrade for Women Advocate par le Docteur Mukhisa Kituyi. Que vous a apporté aujourd’hui cette distinction ?

 

Je ressens beaucoup de joie et de fierté lorsque je vois que le travail que j’ai commencé sur fonds propres et lors duquel j’ai dû faire face à beaucoup d’obstacles et de challenges est reconnu et récompensé par de grandes institutions. Cela me confirme que j’ai eu raison de ne pas abandonner lorsque la tentation se faisait ressentir et je me dis que je vais dans la bonne direction.

Toutefois, en amenant leur soutien, les institutions internationales nous sortent de l’anonymat : désormais, les erreurs peuvent être connues de tous. Que mon petit rêve devienne réalité et soit maintenant regardé par de grandes institutions me procure une immense fierté et attise encore davantage ma motivation ; cela me donne envie de travailler encore plus pour faire les choses bien et atteindre mes objectifs.

7)On observe un engouement de plus en plus fort l’entrepreneuriat surtout du côté de la jeunesse, les programmes et les concours qui se multiplient. Des Startups émergent un peu de partout. Quel regard en tant qu’entrepreneur portez-vous sur ce phénomène ?

 

Au-delà de la jeunesse, j’ai à cœur que la femme entrepreneur puisse s’élever au-dessus du niveau auquel elle est souvent cloisonnée en Côte d’Ivoire. Il y a énormément de micro-entrepreneuses en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest, mais le plafond de verre est très épais : je souhaite qu’on ait des championnes dans tous les secteurs d’activités (y compris ceux réservés aux hommes). Il faut que les femmes soient représentées au niveau des organes de décision du secteur privé et dans les plus grosses entreprises. C’est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur. J’essaie au maximum d’œuvrer pour que l’entrepreneuriat féminin se développe.

 

8)Dans cinq ans, que nous réserve Canaan Land ?

 

Canaan Land projette d’être une franchise de référence de modèle d’agriculture durable et inclusive en Côte d’Ivoire et sur le long terme étendre cette franchise au Burkina Faso ainsi qu’au Liberia.

 

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