Il est jeune. Il est agriculteur. Bottes aux pieds, chapeau de paille, vous avez devant vous Daniel Oulaï, fondateur de la Grainothèque. Jeune dynamique dont la structure aujourd’hui est incontournable dans son domaine : l’agriculture. Nous sommes allés à la rencontre de cet agriculteur né. Il a répondu à nos questions.

 

1- Pouvez-vous, vous présenter s’il vous plaît.

 

Je suis Daniel Oulaï, CEO de la Grainothèque qui est une entreprise sociale qui œuvre à ‘’déruraliser’’ l’Agriculture paysanne en Côte d’Ivoire. Mon histoire est celle d’un jeune passionné par l’agriculture biologique qui commence en 2016, Élevé dans le culte de la qualité et du respect du travail bien fait, avec le rêve de valoriser les produits de son territoire et réduire les pertes post-récolte des siens. Aujourd’hui c’est une équipe de jeunes fermiers Fiers de travailler ensemble pour offrir de bons produits fermiers directement aux consommateurs au prix juste.

2- Pourriez-vous nous présenter la Grainothèque ?

 

La Grainothèque est un système intégré de production basée sur des micro-fermes en créant une synergie entre l’élevage et l’agriculture en passant par la valorisation des déchets. L’ambition étant de développer un modèle circulaire qui répond aux problèmes de pertes récolte et de valorisation de produit de terroir. À cet effet la Grainothèque est en train de développer plusieurs marques : Nourrains de porcs (montagne Porcine), Viande et produits dérivés du Porc (Porc’Ivoir), une meunerie pour la production d’aliment pour Porc et volaille (Aliment des Montagnes) et le Biochar en granulé recommandé comme engrais principal pour l’horticulture et le jardinage biologiques.

 

3- Quelles sont les spécificités et les objectifs de la Grainothèque ?

 

En créant cette entreprise, nous voulions entreprendre autrement, de manière collective, participative, écologique, démocratique, locale, en créant de nombreux emplois pour les jeunes et en favorisant la souveraineté alimentaire en région montagneuse.

 

4- Sur les questions de l’autosuffisance alimentaire en Afrique plus précisément en Côte d’Ivoire, pensez-vous que nous sommes sur la bonne voie?

 

Je vais m’en tenir au dossier Côte d’Ivoire que je connais mieux. Au vu des résultats obtenus ces 10 dernières années, il semble difficile à atteindre les objectifs de l’autosuffisance alimentaire dans un futur proche. La Côte d’Ivoire ne manque ni de stratégie nationale, ni d’hommes pour l’accomplir, mais de moyens d’actions, pour traduire les plans stratégiques en actions efficaces et cohérentes sur le terrain. Étant tous unanimes que notre pays a un grand potentiel de développement dans la filière riz existante, nous pouvons anticiper en soignant le mal, qui est le cadre stratégique qui ne donne pas assez de place à l’opérationnel. À titre d’illustration, des semences locales améliorées ont été développées tant par le Centre national de recherche agronomique (CNRA) que par des organisations telles que AfricaRice. Toutefois, la Côte d’Ivoire enregistre un rendement moyen de riz de 1,5 T/ha, contre une moyenne mondiale de 4,15 T/ha. Ainsi, malgré le potentiel de développement existant, les rendements sont restés faibles, ne permettant pas au pays de couvrir les déficits alimentaires que l’on observe et les coûts de production demeurent élevés.

5- La Grainothèque se présente aujourd’hui comme possible solution pour la sécurité alimentaire. Elle participe à des forums, forme des jeunes, étend ses activités. Ce sont des réalisations à féliciter. Sur une échelle de 1 à 10 à quel niveau pensez-vous être situés dans la réalisation de vos objectifs et pourquoi ?

 

Nous sommes encore au niveau 2 des projets des objectifs que nous voulons atteindre avec l’agriculture paysanne. Puisse Dieu continue de nous donner santé et je reste convaincu que notre équipe de jeunes passionnés pourront contribuer à la transformation avec une conscience écologique de l’agriculture sur notre territoire.

 

6- Vous avez récemment été Prix de l’entrepreneur Africain dans la catégorie Positive Impact, Prix Castel en 2018, parmi les 15 startups les plus innovantes en Côte d’Ivoire, que de point positifs pour la Grainothèque. Quel a été l’impact de ces prix sur vos activités ?

 

Je vous invite à visiter notre ferme incubateur dans la commune de Man, pour découvrir de vous-même ce que nous sommes en train de réaliser grâce à ce coup de pouce. Nonobstant je peux déjà vous dire de visiter ce (www.porcivoir.ci ) nous lançons bientôt la première chaîne de distribution intégrée de viande de nos territoires et bien d’autres projets en préparation.

7-Le facteur “jeunesse” de votre équipe a-t-il été une fois perçu comme un frein à l’épanouissement de vos activités ?

 

J’ai entendu plusieurs fois des gens dire que tu es encore trop jeune. Mieux certains trouvaient des explications surnaturelles à la qualité de nos réflexions et raisonnement. Mais chaque et jour et encore plus qu’hier je reste convaincu que notre jeune âge est une opportunité et nous ne permettons à personne de nous détourner de notre rêve africaine paysan. Comme j’ai l’habitude de le dire ; « Si le combat pour l’autonomisation de la jeunesse ruraleSi le combat pour l’autonomisation de la jeunesse rurale a été l’abus de ma jeunesse, il sera aussi l’appui de ma vieillesse, S’il fut ma folie, il sera ma raison ».

8- Que nous réserve l’avenir avec Grainothèque?

 

La grainothèque nous conduire vers une nouvelle façon de voir et de faire l’Agriculture. En créant une synergie agriculture et élevage climato-intelligente pour augmenter la productivité, l’employabilité des jeunes dans les chaînes de valeurs, tout en atténuant l’impact du changement climatique. Dans peu de temps nous ouvrir le premier FabLab agricole en Côte d’Ivoire qui travaillera à dynamiser l’agriculture Paysanne et très prochainement un programme qui va valoriser nos produits du territoire et intégrer 1000 jeunes dans les chaînes de valeurs agricoles. C’est le lieu de féliciter La Fondation Orange et le Fond pierre castel qui croient en la jeunesse africaine et nous met à disposition des ressources pour aller de l’avant sur notre projet.

 

9- Un dernier mot pour cette jeunesse qui vous suit.

 

Le continent malgré de toutes ses difficultés, est en train de vivre une profonde transformation par ses filles et ses fils, qui arrivent à le présenter clairement comme le lieu de tous les possibles. Certain pair dise que notre continent est inondé de problèmes, mais pour nous autre, l’Afrique est riche de ses problèmes. Il faut juste voir ses problèmes en opportunités et faire en sorte que notre capacité à innover change le quotidien des femmes, des jeunes et des enfants sur notre territoire.

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