Connaissez-vous le gbofloto ? Les tratra ou le jaune jaune ? Ce sont des beignets délicieux que vous rencontrerez dans les rues d’Abidjan. Ils sont sucrés ou salés, vendus par des vendeuses en bordures des routes. Ils se dégustent généralement les matins ou au goûter accompagnés de bouillies de mil. Ici on les adore et désire en manger tout le temps. Cependant, ces beignets ont des recettes précises et demandent beaucoup d’hygiène surtout lors de leur fermentation. En 2016, désireuse de nous rapprocher au plus de nos beignets et nous offrir de la qualité, l’entrepreneure Christelle E. Egue décide de mettre sur le marché des farines types  pour nous apporter nos beignets préférés à la maison : c’est la naissance de Bassy.

bassy by ivorian food

Je suis Christelle Essim Egue, gérante de la structure PAM HOLDING et promotrice de la Marque Bassy by Floren. J’ai un BAC+3 en Marketing Management, un diplôme en Aviation et en Tourisme et j’ai fait des formations en Agro-transformation. Aujourd’hui, je suis chez Ivorian Food : suivez mon interview.

  • Quelle est la motivation derrière la naissance de Floren ?

J’ai créé mon entreprise en 2014, au départ c’était PAM SERVICES. Je suis une anticonformiste et je laisse parler ma créativité. A la base, j’intervenais dans les pressings industriels, je traitais le linge des hôtels, des restaurants, des particulier. Nous étions aussi dans la décoration d’intérieur, la prestation de services ainsi que la fourniture de mobiliers de bureau.

Plus tard en 2016, j’ai créé Floren, qui était spécialisé dans la culture de poivrier. Cela a été suivi par une  formation dans l’Agro-transformation. Pendant la formation, ma curiosité m’a fait faire des recherches sur internet et j’ai pu remarquer que beaucoup de personnes parlaient de beignets, de galettes. Elles demandaient où il était possible d’en trouver :  jaune jaune, gbofloto, tratra… En tant que femme d’affaires, j’ai senti là une opportunité à saisir. C’est comme ça que j’ai ajouté à l’agriculture la transformation alimentaire : c’est ainsi que Bassy est né.

  • Floren a donné Bassy, cela pour répondre à quel besoin ?

C’est en écoutant le consommateur et pour répondre à un besoin bien précis qu’est né Bassy..

  • Comment se passe la sélection des produits que vous transformez ?

Aujourd’hui Bassy c’est 5 saveurs : le jaune jaune, le gbofloto, le beignet au sucre, le tratra et le gnonmi. Ils sont tous faites à base de céréales locales ( mil et riz…).  Nos produits proviennent de coopératives avec lesquelles nous travaillons et de fournisseurs tel que le Grand Moulin dans le souci d’avoir des matières premières de qualité.

  • Aujourd’hui, Bassy c’est combien de produits, les différents types de farines que l’on peut déguster ? Quelle est la particularité de chacun d’eux ?

Il y a d’abord les jaune jaune caractérisés par leur couleur jaune claire, ces incontournables goûters de récréation vous replongent dans votre enfance.

Puis les Gbofloto, avec leur ajout en arôme naturel et leur apport en sucre limité, vous réaliserez des beignets légers, sains et savoureux en un tour de main.

Notre préparation pour beignets plats et moelleux, délicieux, à souhait, régalera tous les gourmands : les tratra.

Avec les beignets au sucre, vous allez en éblouir plus d’un. A mi-chemin entre le sucré et le salé vous apprécierez particulièrement leur douceur et leur croustillant, on peut les fourrer au chocolat, au poisson ou à la viande ou à la farce de votre choix ou les saupoudrer seulement de sucres.

Et le nouveau venu la farine pour beignets de mil (gnonmi), avec le lait qui est un extrême délice pour vos petits déjeuners et goûters.

  • Comment ont été accueillis les Bassy quand ils sont arrivés sur le marché ?

Au départ c’était compliqué, surtout avec notre culture d’ici  et notre façon de voir les choses. Il y’avait une certaine appréhension : est ce que c’est bon ? C’est sûrement plein de produits, produits chimiques, conservateurs…

Il est bien de signifier que nos produits sont sans conservateurs, donc naturels. Les gens étaient vraiment sceptiques. Mais les produits ont fait parlé d’eux parce qu’ils sont de qualité. Les compositions sont faites de façon méticuleuse. Avec les produits Bassy, vous n’avez pas l’excès de gras. Notre farine n’absorbe pas l’huile. On a des beignets qui sont légers, aérés et vaporeux. 

  • Aujourd’hui quelle est votre plus grande satisfaction ?

Aujourd’hui, la satisfaction, ce sont les retombées. On a été lauréat de tous les prix auxquels on a participé : le prix CGECI ACADEMY 2018, on a obtenu le prix du Jeune Entrepreneur Emergent Alassane Ouattara, le dernier en date c’est le prix Solibra, prix international Afrique Francophone. Notre travail est reconnu. Et le retour des consommateurs, des enfants… Ces félicitations nous ravissent énormément. On a même des vidéos où des enfants dansent car ils adorent, on a des familles qui se retrouvent autour de nos produits. On a travaillé dur pour ça. C’est le résultat d’un travail acharné, plusieurs nuits d’insomnie, qui nous rend aujourd’hui très fiers.

  • Que vous ont apporté chacun des prix (Prix Castel…) et programmes (Sephis) auxquels vous avez participé ?

Avec les prix que l’on a eu, il y a certes eu des subventions mais la formation a été super importante. A la base je suis marketeur, j’ai eu des formations en leadership, encore plus poussé en Agro Alimentaire. J’avais beaucoup de problèmes pour m’exprimer en public et au terme de ces formations, j’ai appris à le faire. Surtout avec le programme Sephis. Aujourd’hui j’arrive avec plus de facilité à exprimer ce que j’ai à extérioriser.

J’ai appris à être un bon leader, un bon chef d’entreprise, à gérer mieux mon équipe, à gérer mieux ma comptabilité.

  • Si vous jetez un regard en arrière, il y a 5 ans que diriez-vous à la plus jeune vous, face à l’entrepreneuriat dans l’agroalimentaire ?

Ne pas céder à la facilité. En tant que jeune femme vous avez envie de certaines choses mais vous n’en avez pas les moyens. Qu’est ce que vous faites ? Vous cédez ou pas ? Dans mon cas, j’ai 3 enfants le premier à 14 ans, ma dernière à 10 ans et je me suis dit tu as des enfants surtout tu as une fille. Quel est l’héritage que tu lui laisseras ? Quel est l’exemple, la valeur que tu lui laisses. Alors, travaille ! Comme on dit au bout de l’effort, il y a le réconfort. Dieu ne laisse pas tomber ses enfants, la nature même récompense. Je suis l’exemple type de cette maxime là. Faut pas céder à la facilité, il faut se donner à fond même si pour cela vous devriez travailler dans les champs en tant que femme. Moi je l’ai fait. Même si vous devez travailler dans un restaurant, en tant que serveuse, c’est votre travail. C’est le travail bien fait qui vous poussera à passer à une autre étape. Ne négligez pas les faibles commencements sinon vous n’irez pas bien loin.

Si vous souhaitez lire une autre interview d’un entrepreneur local c’est : ici ! 

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