Elle n’est plus à présenter. Quand on parle de cuisine africaine, elle est l’une des plus grandes ambassadrices. Elle fait vivre cette gastronomie et l’ouvre au monde. Comme elle, sa cuisine est riche de couleurs et de goûts d’Afrique. Suivez ces lignes et découvrez le Chef Anto, la cuillère d’or.

 

1) Présentez vous s’il vous plaît.

 

Anto Cocagne, communément appelée « Le Chef Anto », originaire du Gabon, j’exerce en France comme cheffe privée et consultante culinaire, je suis l’auteure du livre « Goûts d’Afrique » édité en 2019 aux éditions Mango, j’anime également sur Canal+Afrique l’émission « Rendez-vous avec le Chef Anto » où je fais découvrir aux téléspectateurs un pays d’Afrique par sa cuisine. J’ai eu un parcours classique jusqu’au Baccalauréat à Libreville au Gabon, puis je me suis formée en cuisine d’abord au Lycée hôtelier Lesdiguières à Grenoble où j’ai obtenu un BTS Option arts culinaires, arts de la table et du service, puis j’ai eu une Licence en Direction des unités de restauration à l’Université Pierre Mendès France, et enfin, j’ai un Bachelor Restaurateur option Traiteur Organisateur de réceptions obtenu au Havard de la cuisine française, l’Ecole Supérieure de Cuisine Française Grégoire Ferrandi à Paris.

2) Que vous a apporté toutes ces influences culinaires ( Afrique, France, Etats Unis…)?

 

Mes expériences, m’ont permis de valoriser encore plus les cuisines d’Afrique, parce qu’elles n’ont rien à envier aux autres.

 

3) Aujourd’hui comment définissez-vous votre cuisine ?

 

Ma cuisine est panafricaine, elle puise ses sources dans les traditions culinaires africaines et, j’utilise toutes mes connaissances pour les présenter de façon moderne. Je mets en avant les produits plutôt que les pays, car les frontières telles que nous les connaissons aujourd’hui n’ont jamais été l’œuvre d’Africains. Ma cuisine est une cuisine qui rassemble, c’est une cuisine de partage, qui fait que d’où que vous veniez d’Afrique subsaharienne vous vous retrouverez toujours aussi bien dans les produits que dans les saveurs. Ma cuisine d’adresse à des personnes qui veulent découvrir l’Afrique par ses produits, et à ceux qui connaissent déjà les produits mais qui veulent les redécouvrir de façon différente.

 

4) Êtes-vous pour créer la symbiose entre la gastronomie africaine et la gastronomie française ?

 

Je ne fais pas de symbiose en l’Afrique et la France, à vrai dire, je suis contre le principe d’Afrofusion que beaucoup prônent, car cela sème la confusion. Lorsque je fais un plat c’est tout ou rien, pas de mélange, soit on est en Afrique, soit on est en France. En revanche, je peux facilement faire une alliance entre plusieurs régions d’Afrique. Pour que cela fonctionne, j’utilise mon expérience, les techniques apprises dans mes recherches, parfois d’intuition, d’inspiration.

J’utilise des techniques modernes pour retravailler nos cuisines traditionnelles. Le goût ne change pas, seule la présentation est différente. De plus en utilisant essentiellement nos produits, je crée énormément de recettes, pour montrer que nous n’avons pas besoin de nous mélanger aux autres. Nos cuisines se suffisent à elles-mêmes.

5) D’où tirez-vous une telle inspiration ?

 

Mon inspiration vient d’abord de Dieu, puis de mes expériences, de mes recherches, et enfin des formations que je fais. Car oui malgré le fait d’être une professionnelle reconnue aujourd’hui, chaque année, je me forme pour garder mon inspiration au top.

 

6) Parlons maintenant de ‘’ We eat Africa’’. Quel concept porte votre festival ?

 

« We eat Africa », est le premier festival des cuisines noires. Nous faisons la promotion des professionnels (cuisiniers, pâtissiers), des amateurs (bloggeurs), des entrepreneurs (restaurateurs, épicerie fine, agriculteurs, artisans, agrobusiness etc…).

 

7) Avec vous c’est l’Afrique qui part découvrir le monde ou c’est le monde qui vient découvrir l’Afrique à travers sa culture culinaire ?

 

Avec nous c’est le monde qui vient découvrir l’Afrique, car c’est le dernier continent à découvrir en matière de gastronomie. Plutôt que d’attendre qu’une fois de plus ce soit des non africains qui le fassent ou le fassent mal, nous croyons que c’est aux africains de raconter leurs histoires, leurs cuisines.

8) Globe-foodeuse, à travers votre émission ‘’Rendez-vous avec le chef Anto’’, vous avez sûrement rencontré la gastronomie ivoirienne. Quel met ou découverte de cette cuisine appréciez-vous le (la) plus ?

 

Le plat que j’aime le plus en Côte d’Ivoire c’est le Kedjenou avec la Pintade, accompagné d’Attiéké !

 

9) Quel précieux conseil de cuisine pouvez-vous laisser à nos lecteurs, amoureux de cuisine ?

Aux amoureux de nos cuisines je dirais : « Si tu ne sais pas d’où tu viens, tu ne sauras pas où tu vas ! ». Trop de jeunes aujourd’hui délaissent nos cuisines, nos épices, nos produits naturels et sains au profit de produits alimentaires toxiques pour notre organisme et, qui ne viennent pas de chez nous. Il faut revenir à notre héritage culinaire, préserver nos recettes, nos produits, nos épices, et protéger ce patrimoine, des additifs extérieurs qui font plus de mal à notre organisme qu’autre chose.

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