Une serre dans la ville d’Abidjan qui produit des aliments sains pour les consommateurs ? Des produits frais biologiques dans la ville ? Voilà le pari de Gnepa-Joel Anani, lui l’amoureux fou du bon, du bien fait et du sain, il pratique l’agriculture urbaine biologique avec Agrolight. Dans notre article d’aujourd’hui : suivez notre échange.

 

1)Pouvez vous nous présenter votre parcours en commençant du tout début à AgroLight.

 

Je me nomme Gnepa-Joël ANANI. Je suis le fondateur et gérant de AgroLight SARL, une start up qui fait la promotion de l’Agriculture Urbaine Biologique en Côte d’Ivoire mais aussi en Afrique. J’ai un BTS en management et gestion d’entreprise, obtenu à Créteil en France et un bachelor en économie obtenu à l’université de Plymouth, Angleterre. Au début, mon activité était un projet personnel sinon un investissement personnel sans projet de devenir une structure. C’est après plusieurs sollicitation de tiers pour des formations et prestation de services que je saisis l’opportunité de devenir une entreprise avec tout ce que cela implique. J’ai d’abord commencé comme un projet pilote pour pouvoir tester le concept et voir si il était viable.

 

2)Vous terminez vos études à l’extérieur. Vous revenez en Côte d’Ivoire et mettez en place : la start-up ​AgroLight​. Quel est le déclencheur ? Pourquoi précisément de l’agriculture urbaine ?

 

C’est d’abord une envie d’entreprendre dans mon pays d’origine, d’apporter une sorte d’innovation basée sur mon expertise extérieur et enfin l’indépendance financière, qui m’a motivé à me lancer dans l’entrepreneuriat, en Afrique plus particulièrement en Côte d’Ivoire. Aussi faut dire que généralement toutes les personnes qui quittent leurs terres natales pour d’autres, rêvent de revenir investir dans le pays d’origine, c’est un fait avéré et vérifiable. C’est donc dans cet élan que je me suis lancé dans cette passionnante aventure. L’agriculture Urbaine car, au vu de la diminution des terres arables et de ses forêts, l’exode rurale, les difficultés liées aux transports des denrées alimentaires vers les villes, les pertes post-récoltes liées à une logistique souvent compliquée et inappropriée, la raréfaction de produits frais, la forte urbanisation de nos villes et le chômage des jeunes urbains, nous devons repenser notre modèle agricole afin de le rendre plus accessible. C’est à cette problématique que j’essai de répondre en lançant AgroLight SARL, je veux proposer un concept où les aliments ne viennent plus seulement des zones rurales vers les zones urbaines, mais sont, en complément, directement produits et consommés en ville ». C’est selon mon humble avis, l’une des solutions pour faire face aux défis alimentaires futurs, en Afrique, à l’horizon 2050.

3)La ville urbaine, très souvent est sujette à la pollution. Pour votre l’agriculture dite biologique, comment sont protégés vos produits ?

 

Premièrement, nos sites sont situés dans des zones en construction, sur des terrains non exploités. Par conséquent l’urbanisation n’est pas encore très avancée. Ensuite, nous évitons les sites près des grands axes routiers. Enfin, nous cultivons sous serre, dans un environnement recréé pour protéger un temps soi peu nos plants. Mais notre première protection est de ne pas agresser nos plants avec des pesticides et autres produits chimiques à effets collatéraux négatifs.

4)De combien de site dispose aujourd’hui​ AgroLight ​? Où sont-ils situés ?

 

AgroLight SARL à son propre jardin “école” de productions formations et ventes, situé à Cocody Angré château fin goudron et qui est sur un terrain constructible, de 850m2. Donc avant d’agir en “conseil” nous nous plaisons à dire que nous sommes d’abord et avant tout des praticiens expérimentés. En plus de ça AgroLight Sarl peut compter sur son réseau de partenaires locaux mais aussi internationaux : Des particuliers, restaurants, associations, entreprises, ONGs, qui nous sollicitent pour implanter leurs sites de production.

 

5)Quels sont les différents types d’agriculture que vous proposez ?

 

Nous sommes spécialistes de toutes techniques de culture hors du sol. C’est-à-dire l’hydroponie, communément appelé “culture hors sol”, l’aquaponie, élevage hors sol mais aussi des techniques traditionnelles telles que la permaculture ou l’agriculture conventionnelle comme nous l’a connaissons déjà.

6)Quels produits cultivez-vous ?

 

Nous cultivons tous types de légumes fruits, feuilles ou racines entrant dans la consommation quotidienne de la population urbaine : tomates, concombre, poivrons, persil, laitue, carotte, oignon, etc. Nous avons également, sur notre site, des arbres fruitiers pour notre consommation personnelle : papaye, bananier, cocotier, avocatier, citronnier,etc.

7)Une fois récoltés, quel circuit prennent vos produits pour atterrir dans l’assiette du consommateur ?

 

La cible est la population, les restaurants, les hôtels implantés ou vivant dans un rayon de 5km autour de chaque jardin. Il s’agit de proposer des aliments frais et variés, à moindre coût, toute l’année. Certains clients viennent acheter bord jardin et d’autres sont livrés à leur domicile ou restaurant.

 

8)Pouvez vous nous donner une idée des prix de certaines cultures au kilogramme si nous souhaitons nous approvisionner chez vous ?

 

Selon les périodes de pénuries ou d’abondances mais aussi des quantités commandées et de la fréquence de commande, les prix variés de 500fcfa à 2500fcfa.

 

9)Quel est votre vision du futur avec ​AgroLight​ ?

 

Dans les années à venir, AgroLight SARL doit devenir un pionnier dans l’Agriculture Urbaine Biologique en Côte d’Ivoire à court terme, dans l’Afrique francophone à moyen terme et dans l’Afrique entière à long terme, avec des représentations et activités dans tout ces endroits.

 

10)Un dernier mot pour la fin ?

 

La réalité des années à venir est que chaque habitant devra être capable, de produire tout ou une partie de son alimentation. Il serait intéressant que les populations africaines comprennent que ailleurs la révolution et la compréhension de la pertinence d’une l’agriculture Urbaine est une réalité. “Produire sa propre nourriture c’est comme imprimer son propre argent”, quelqu’un disait tantôt. Imaginez les possibilités si vous pouviez imprimer votre propre argent, c’est donc pareil pour la production de sa propre alimentation.

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